Le métier de maraîcher

Un maraîcher est un agriculteur spécialisé dans la production de légumes, et parfois de petits fruits et d'aromates, en plein champ ou sous abri, destinés principalement à la vente directe et aux circuits courts.
Le métier
Il choisit les variétés, prépare les sols, sème, plante, entretient les cultures, les protège des maladies et des ravageurs, puis récolte et conditionne pour garantir fraîcheur, qualité et saisonnalité.
C'est un métier de planification autant que de terrain : sur une exploitation diversifiée, plusieurs dizaines d'espèces et de variétés se succèdent et se côtoient, chacune avec son calendrier de semis, de repiquage et de récolte.
Le plan de culture, établi l'hiver pour l'année entière, est l'outil central du maraîcher.
Les techniques
Le plein champ, adapté aux cultures de garde, pommes de terre, oignons, courges, choux, sur des surfaces plus étendues.
Les abris froids, tunnels et serres non chauffées, qui avancent et prolongent les saisons de quelques semaines et protègent des maladies liées à l'humidité.
Le maraîchage sur petite surface, très intensif en main-d'œuvre et en travail du sol réduit, développé depuis une vingtaine d'années sur des surfaces de l'ordre de l'hectare.
La rotation des cultures reste le fondement de toutes ces approches : elle casse les cycles des ravageurs et des maladies, et équilibre les prélèvements dans le sol.
Les circuits de vente
Les marchés, où se construit la relation avec la clientèle.
La vente à la ferme et les cueillettes.
Les paniers hebdomadaires et les associations pour le maintien d'une agriculture paysanne, qui offrent l'avantage décisif d'un revenu prévisible et d'un engagement de la clientèle sur la saison.
La restauration collective et commerciale, en développement, notamment depuis les objectifs fixés à la restauration scolaire en matière de produits durables et de qualité.
Et les magasins de producteurs, qui mutualisent le temps de vente entre plusieurs exploitations.
S'installer
Trois questions décident, et l'ordre compte.
L'accès au foncier, principal obstacle : un terrain agricole accessible, avec de l'eau, à proximité d'un bassin de consommation. Les sociétés d'aménagement foncier, les collectivités et plusieurs structures associatives interviennent sur ce point.
La ressource en eau, dont la disponibilité et la réglementation d'usage se vérifient avant tout engagement, c'est devenu le premier facteur limitant dans plusieurs régions.
Et la capacité professionnelle, requise pour accéder aux aides à l'installation, ainsi que le passage par le point accueil installation et le plan d'entreprise.
La dotation jeune agriculteur, les prêts bonifiés et les aides régionales constituent les principaux soutiens, sous conditions.
La réalité économique
Il vaut mieux la connaître avant de se lancer.
Le maraîchage diversifié demande une charge de travail considérable, très saisonnière, et une polyvalence rare : production, mécanique, gestion, commercialisation, communication.
Les revenus des premières années sont souvent faibles, le temps que le système de production se rode et que la clientèle se constitue.
Les exploitations qui tiennent sont celles qui ont sécurisé leurs débouchés avant d'augmenter les surfaces, et qui ont dimensionné leur système sur la main-d'œuvre réellement disponible.
Les produits du terroir
Au-delà des légumes, les régions françaises portent des productions identifiées par des signes officiels de qualité : appellations d'origine protégées, indications géographiques protégées, labels rouges.
Ces signes reposent sur des cahiers des charges contrôlés et sur un lien au territoire, ce qui les distingue nettement des mentions purement commerciales évoquant une région sans engagement vérifiable.
Le Berry et le Limousin, au cœur de la France, offrent ainsi un ensemble de productions reconnues, des viandes aux fromages, en passant par les lentilles, les fruits et les vins de la vallée du Cher et du Sancerrois.